L'agenda du sommeil : à quoi il sert entre deux rendez-vous
· Par L’équipe Orekio
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L'agenda du sommeil est l'un des outils les plus simples à confier à un patient, et l'un des plus utiles pour la consultation qui suit. Il lui demande une à deux minutes chaque matin, et il vous donne une image concrète des nuits entre deux rendez-vous, là où la mémoire seule reste approximative.
Ce qu'il enregistre
Un agenda du sommeil note, jour après jour :
- l'heure du coucher et l'heure du lever ;
- le temps estimé pour s'endormir ;
- le nombre et la durée des réveils nocturnes ;
- une appréciation libre de la qualité de la nuit ;
- selon les cas, la sieste, la consommation de café ou d'alcool, la prise d'un traitement.
Ces items sont ceux du Consensus Sleep Diary, la version de référence établie par un panel d'experts (Carney et coll., 2012). Sur deux semaines, ces lignes forment un motif : décalage de phase, fragmentation, temps passé au lit très supérieur au temps réellement dormi. Ce sont des repères que le patient et vous pouvez regarder ensemble, à partir de données qu'il a lui-même saisies.
Pourquoi le tenir chaque matin
Rempli après coup, en salle d'attente, l'agenda perd l'essentiel de sa valeur : il devient une reconstruction. Tenu chaque matin, il capture la nuit telle qu'elle a été vécue, sans lissage. C'est ce qui en fait le socle de la thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie, recommandée en première intention (American Academy of Sleep Medicine, 2021) : la fenêtre de sommeil s'y calcule directement à partir des relevés.
Tenir l'agenda déplace souvent l'attention du ressenti diffus (« j'ai mal dormi ») vers une observation plus fine (« je me suis réveillé une fois, vers 4 h, et je me suis rendormi »).
Ce qu'Orekio en fait, et ce qui vous appartient
Dans Orekio, l'agenda du sommeil est un module que vous ouvrez quand vous le jugez utile. Le patient le remplit chaque matin depuis son téléphone, même sans réseau, avec un rappel à heure fixe si vous l'avez posé, qu'il peut décaler. Au rendez-vous suivant, vous retrouvez l'historique complet.
Orekio affiche ces données, et s'arrête là. Ce qui apparaît à l'écran est un historique neutre : des heures, des durées, les mots du patient. Orekio ne calcule aucun score de sommeil, n'émet aucun signal sur une nuit courte et ne compare à aucune norme. La lecture clinique vous appartient : décalage de phase, hygiène de sommeil, indication d'une prise en charge spécifique.
C'est un choix : Orekio est conçu comme un carnet de bord numérique, et non comme un dispositif médical. Son rôle est de rendre disponible ; conclure vous appartient.
En pratique
Pour introduire l'agenda avec un patient, il suffit souvent d'expliquer qu'il s'agit d'un support pour le prochain rendez-vous plutôt que d'un examen, et que quelques lignes par jour suffisent. Les deux premières semaines servent de ligne de base ; la suite permet de regarder ensemble l'effet des ajustements décidés en consultation.
Sources
- Carney CE, Buysse DJ, Ancoli-Israel S, Edinger JD, Krystal AD, Lichstein KL, Morin CM. The consensus sleep diary: standardizing prospective sleep self-monitoring. Sleep. 2012;35(2):287-302. https://doi.org/10.5665/sleep.1642
- Edinger JD, Arnedt JT, Bertisch SM, et coll. Behavioral and psychological treatments for chronic insomnia disorder in adults: an American Academy of Sleep Medicine clinical practice guideline. J Clin Sleep Med. 2021;17(2):255-262. https://doi.org/10.5664/jcsm.8986