Les colonnes de Beck : le relevé de pensées en TCC
· Par L’équipe Orekio
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Les colonnes de Beck, aussi appelées relevé de pensées, sont l'un des outils centraux de la thérapie cognitivo-comportementale. Décrites par Aaron Beck et ses collègues en 1979, elles reposent sur un principe simple : quand une émotion forte survient, on note la situation, la pensée qui l'a accompagnée, puis on examine cette pensée plutôt que de la tenir pour un fait.
Les formats
Le format court comporte trois colonnes :
- Situation : où, quand, avec qui, que se passait-il ;
- Pensée automatique : ce qui a traversé l'esprit, formulé tel quel ;
- Émotion : nommée, et si possible cotée en intensité (0 à 100).
Le format étendu ajoute : les arguments pour et contre la pensée, une pensée alternative plus nuancée, et la ré-évaluation de l'émotion après coup. Le relevé de pensées à sept colonnes de Greenberger et Padesky (Mind Over Mood) est l'une des versions les plus utilisées.
À quoi ça sert
Écrire ralentit le raisonnement et rend visibles les distorsions cognitives récurrentes : catastrophisme, lecture de pensée, tout-ou-rien, généralisation abusive. Avec la répétition, le patient repère plus vite ses schémas et arrive plus facilement à une lecture alternative, ajustée aux faits plutôt qu'optimiste.
Le relevé se remplit au plus près du moment où l'émotion a eu lieu ; rempli plusieurs jours après, il perd en précision. C'est un support de réflexion, relu et travaillé en rendez-vous : ce qui compte est la démarche, pas une bonne réponse.
Ce qu'Orekio en fait, et ce qui vous appartient
Dans Orekio, les colonnes de Beck sont un module que vous ouvrez, en général après un premier travail sur les émotions (par exemple avec Nommer ce que je ressens). Le patient remplit ses relevés depuis son téléphone, entre deux rendez-vous, en cinq étapes : situation, émotion, pensée automatique, arguments, pensée alternative. Vous les retrouvez ensuite intégralement, fiche par fiche, avec la date, et vous pouvez en relire deux côte à côte.
Orekio n'analyse pas le contenu, ne compte rien et ne repère aucune distorsion à votre place. Le repérage des distorsions et la relecture se font en consultation. C'est cohérent avec son statut de carnet de bord numérique, et non de dispositif médical (voir À propos).
En pratique
Deux à quatre relevés par semaine suffisent souvent au début. L'objectif tient à la régularité plutôt qu'au volume, et surtout à la relecture commune en rendez-vous, où le patient et vous examinez ensemble une ou deux situations en détail.
Sources
- Beck AT, Rush AJ, Shaw BF, Emery G. Cognitive Therapy of Depression. New York : Guilford Press ; 1979.
- Greenberger D, Padesky CA. Mind Over Mood: Change How You Feel by Changing the Way You Think. 2e éd. New York : Guilford Press ; 2016.